Acte III : Tout ce qui brille n’est pas de l’or.

 
Je suis debout devant mon dressing et j’essaie de choisir ce que je vais mettre ce soir pour ce premier rendez-vous avec François. Vous vous demandez sûrement : « Mais qui est François ? » Il se trouve qu’il a été l’un de mes premiers « matchs » sur l’application sur laquelle Alice m’a inscrite sous la pression de mon groupe d’amies et cela fait trois jours que nous passons des heures à échanger des messages sur WhatsApp pour faire plus ample connaissance. Nous n’avons pour le moment jamais parlé sexualité, même si je sens qu’il aime tous les plaisirs que la vie peut lui offrir et qu’il doit, j’en suis sûre, faire preuve de sensualité quand il le faut.  

Pour ma tenue, mon choix se porte finalement sur une robe que je me suis offerte récemment : rouge avec une fente discrète sur le côté droit et qui ne fait selon moi ni trop décontractée, ni trop habillée, ni trop sexy, ni trop sage. Avant de l’enfiler, je mets, en guise de sous-vêtements, une guêpière rouge et noire que je trouve très sexy et qui, j’en suis certaine, me donnera l’assurance nécessaire pour cette première rencontre. Je mets des bas légèrement opaques, décorés d’une large bande de dentelle sur le haut des cuisses et je complète ma tenue en enfilant des escarpins noirs. Je me maquille sobrement et lâche mes cheveux. J’étais en train de préparer mon sac quand je reçois un gentil message de mon peut-être futur compagnon d’aventures : « Ma belle, j’ai hâte de te voir. » Le temps d’un instant, je fronce les sourcils, car je lui ai déjà fait savoir que je n’aime pas qu’il m’appelle ainsi. Rapidement, je me reprends et me rappelle qu’il doit être tout aussi nerveux que moi, alors je mets de côté ce petit message irritant pour concentrer toute mon attention et mon énergie sur ce rendez-vous rempli de promesses, où le réel va finalement succéder au virtuel.  

Mon téléphone sonne, je sursaute et vois que c’est Alice qui essaie de me joindre. J’hésite un peu à répondre car je suis presque en retard, mais je tiens à la rassurer. Je prends l’appel rapidement alors que je ferme la porte d’entrée de chez moi. Elle m’appelle pour connaître mon état d’esprit avant la rencontre et je lui réponds que je commence vraiment à ressentir la nervosité qu’un premier rendez-vous confère. Elle me suggère de respirer profondément plusieurs fois pour me détendre un peu. Je l’écoute, le fais avec elle et promets de la rappeler le lendemain pour lui raconter comment tout s’est passé.  

Je marche depuis chez moi jusqu’au bar où nous devons nous retrouver et qui n’est qu’à cinq cents mètres.  

J’arrive et vois, en ouvrant la porte, un homme blond bien bâti seul à une table un peu au fond de l’établissement et qui jette des regards nerveux autour de lui. Ça doit être François ! Il ressemble à l’homme de la photo sur l’application, mais avec une bonne dizaine d’années de plus. Il a tout de même beaucoup de charme et j’ai beaucoup aimé l’impression qui se dégageait de lui, alors tout en souriant, je m’approche de sa table. Il se lève rapidement, me fait la bise et me demande si je veux que l’on reste à cette table ou que l’on aille ailleurs. Je ne comprends pas sa question et reste bouche bée en découvrant sa voix qui fait très très jeune et qui ne va pas du tout avec son apparence. Comme il insiste, je lui réponds que cette table me convient sans problème et m’assois face à lui.   

Il essaie de tout de suite prendre ma main entre les siennes. En plus de me mettre mal à l’aise, cela me donne l’impression qu’il ne veut aucunement prendre du temps pour la séduction et qu’il aimerait juste aller droit au but. Je retire prestement ma main et commence à me demander ce que je fais là. Il me regarde, interloqué, comme s’il ne s’attendait pas du tout à ma réaction et que mon visage trahissait ma déception naissante.   

La serveuse arrive. Sans me laisser le temps de regarder la carte, il commande deux verres de Chardonnay. Par chance, c’était exactement ce dont j’avais envie, mais je n’aime pas trop la tournure que cette soirée est en train de prendre. Je m’évade quelques instants en pensant à la guêpière rouge que j’ai sous ma robe et au fait que mon accompagnant du soir est loin d’être l’homme attentionné que j’espérais. En ce moment, j’aimerais plutôt être chez moi en train de manger de la glace en regardant Netflix…  

Face à moi, François semble s’être rendu compte à quel point je semble ennuyée et il devient subitement beaucoup plus charmant. Il me fait des compliments et me parle du beau temps et des transports du centre-ville. Je rigole un peu, plus par gêne en réalité que par réel enthousiasme. Au fond de moi, je me dis que bien qu’il soit physiquement attirant, il y a quelque chose qui me déplait chez lui, quelque chose dans son comportement et sa façon de parler qui me refroidit, sans même parler de ses tentatives peu subtiles pour me « séduire ».  

La serveuse revient avec nos coupes et nous trinquons. Alors que je tente malgré tout de me raisonner et de me dire que je me suis peut-être trompée sur son compte, il me glisse : « Alors ma belle, on va chez toi ou chez moi ? » avec un sourire libidineux qui sous entendait sans l’ombre d’un doute que c’était dans le but de me mettre dans son lit. Je ris, car à sa façon de prononcer ces mots, il semblait persuadé que ça pouvait se produire.  

Ma coupe n’étant qu’à moitié vide, j’en bois encore une longue gorgée, me lève et lui assène : « Toi chez toi et moi chez moi… Et par ailleurs, je ne suis pas TA belle !!!! »   

Je tourne les talons et sors du bar, le laissant bouche bée. Je marche en direction de chez moi tout en pensant à la façon dont son visage s’est décomposé quand il a fini par comprendre que rien de plus ne se produirait. Je ne cherche pas un homme pour une rapide partie de jambes en l’air et un orgasme express, j’ai déjà mes sextoys pour me satisfaire. Et ils font un travail plus que remarquable ! Je cherche LA personne avec qui vivre une belle histoire remplie d’expériences sensuelles, de jolies choses et même avec qui je partagerai l’envie de découvrir de nouveaux plaisirs mutuels.  

François eu beau essayer de m’appeler plusieurs fois ce soir-là, c’était déjà trop tard : la magie s’était définitivement éteinte.   

J’arrive chez moi, enlève mes escarpins et vais à la cuisine me servir un verre de vin blanc. Alors que j’étais assise sur le canapé en le sirotant, je pense à cette soirée infructueuse et me demande à quel moment j’ai eu la mauvaise idée d’écouter mes copines et leurs idées pour que je fasse des rencontres.  

J’envoie un message à Alice : « Soirée pas vraiment charmante, je t’appelle demain pour tout te raconter » avant de me lever de ma si confortable place. J’hésite à aller prendre un pot de glace dans le congélateur pour le manger devant Netflix, mais je me dis que, peut-être avec un peu de chance, je pourrais passer une soirée sympathique et chaude tout de même.  

J’opte pour cette dernière option alors que je sens mes tétons pointer. J’ôte ma robe, la jette à terre et marche vers ma chambre, comme hypnotisée par quelque chose. À vrai dire, c’est le cas : j’ai très envie de plaisir et de volupté. Lorsque j’arrive dans mon lit, je me couche sur le ventre et entre sur un tchat où il y a un salon spécialisé sextel. Je me sens d’humeur coquine et veux en profiter. Rapidement, un premier message arrive d’un jeune homme de 27 ans, d’Ile de France. Je lui réponds, mais à vrai dire, je ne crois pas que ça aboutisse à quelque chose. Il utilise le langage SMS à outrance et je ne pourrais jamais confier ma jouissance à quelqu’un qui écrit de façon aussi abrégée ! Et cela sans parler du fait que pour cet exercice où l’imaginaire est un partenaire essentiel, j’aime les voix plus graves, plus expertes, plus sûres d’elles-mêmes. En résumé, seules les voix mûres sont capables de me faire chavirer.  

Je vois des fenêtres apparaître sans que je puisse les ouvrir tellement il y en a ! Un pseudo attire cependant particulièrement mon attention : il s’agit de « Directeur ». Il a 40 ans et se trouve à 200 kilomètres de chez moi. Je réponds à son gentil message. Il écrit les mots en entier, il est drôle et ne m’a pas comme bien trop souvent appelée « chienne » (en tout cas pas pour le moment). J’ai presque l’impression d’avoir gagné à l’Euromillion ! Je l’imagine en tant que directeur d’école plutôt sévère avec un air ténébreux et coquin, qui me donnerait envie de parcourir son corps avec mes lèvres, mes mains et tout ce qu’il voudra.  

Il se présente brièvement : il s’appelle Aurélien, est directeur d’un orchestre symphonique et n’a en réalité que 39 ans. Il me demande, après de brefs échanges agréables, si je préfère l’appeler ou que lui m’appelle. Je choisis de l’appeler et lui demande alors son numéro. Je bois une gorgée de vin et me mets sur le dos avant de composer son numéro. Je me sens plutôt désinhibée, certainement grâce à l’alcool et cela me plaît. Il répond à la troisième sonnerie. Il a une très jolie voix grave, mais je décèle une certaine timidité derrière ses rires nerveux. Moi aussi je le suis, car chaque appel est une nouvelle découverte.   

J’essaie de le mettre en confiance en lui demandant des détails sur son métier. Il se confie facilement et me retourne la question. Je découvre petit à petit qu’il est assez doux, plutôt mal à l’aise face aux femmes et très gentil. Je me préparais à prendre les rennes et l’emmener avec moi du côté chaud de la force, quand il me surprend en m’avouant que ma voix excite follement ses sens. Je souris et suis contente qu’il ne puisse pas me voir, car je rougis. Je commence à frôler mon corps en même temps que je lui détaille ce que je porte : une guêpière rouge et noire et des bas noirs. Il me dit que ça lui donne très envie d’être à côté de moi. À mon tour, je lui demande comment il est vêtu. Il me répond qu’il ne porte qu’un t-shirt noir, tout simple, et un boxer. 

Je l’enjoins d’enlever son t-shirt, en échange, il me demande de dégrafer le haut de ma guêpière. Je m’exécute. C’est fou à quel point des mots bien écrits ou une belle voix arrivent à réveiller en moi des choses qu’un beau visage ou même un très beau corps ne pourront jamais réveiller, ni de la même façon, ni avec la même intensité. 

J’écarte les jambes sans presque m’en rendre compte, mais je ne me touche pas. J’entends sa respiration qui commence à s’accélérer et à s’entrecouper : ça m’excite. Je lui demande comment il se sent. Il me lance de but en blanc : « Tu me rends tout dur. » Il me demande d’enlever le restant de ma guêpière et je lui demande d’en faire de même avec son boxer. Je perçois un petit rire et comprends qu’il est déjà nu. Je commence à me caresser en entendant ses gémissements à peine étouffés. Je devine ses mouvements par les bruits qu’ils émettent et même par ses silences. Je commence à onduler mon bassin. Il me demande si je suis mouillée et je lui réponds : « Trempée ». Il gémit. Je gémis à mon tour. J’ai de plus en plus chaud, alors j’arrête un bref instant, prends la coupe de vin et me la verse depuis le bas de mes seins jusqu’à mon sexe*. Il me demande si ça va. Je lui raconte ce que je viens de faire. Il me demande de goûter le mélange de vin et cyprine. Je m’exécute, en mets partout sur les doigts de ma main droite et commence à les lécher, doucement, pour qu’il puisse bien entendre. J’entends qu’il se masturbe de plus en plus vite. Il me demande de fermer les yeux et d’imaginer que c’est lui qui est en train de me boire à la source. Je le fais et c’est extrêmement agréable. Il me dit qu’entendre ma façon de lécher lui donner très envie et le rend dur comme un roc. Je lui avoue que j’aimerais pouvoir goûter ça. Il me demande comment je ferais. Je lui fais savoir que je caresserais son gland doucement avec ma langue, puis je goûterais à son sexe dans toute sa longueur. J’entends quelque chose de dur tapoter fort contre quelque chose. Je pense peut-être que c’est son sexe contre le téléphone : j’imagine la scène et ça me fait sourire. Il me demande d’une façon presque autoritaire de pincer mes tétons assez fort. Ça m’excite de voir cette autre facette de lui, beaucoup moins douce, alors je le fais et ils réagissent très rapidement.  

Juste après, il me demande de me mettre en levrette puis de continuer à me caresser. Je lui obéis et il commence à me parler d’une façon plus suave, presque en chuchotant, comme s’il se trouvait juste derrière moi. Il me raconte qu’il vient d’insérer son sexe gonflé en moi et qu’il va commencer à bouger tout en tenant mes cheveux avec fermeté. Je continue de caresser mon vagin avec des mouvements réguliers, mais de plus en plus forts et je sens la jouissance toute proche. J’entends Aurélien continuer à guider le mouvement de mes mains, je l’entends aussi commencer à perdre le contrôle tellement c’est bon. Sans crier gare, je jouis fort et sens que de m’entendre, ça le rend complètement fou. Je finis de jouir et lui dis d’une voix coquine : « Encore ! » Il va sûrement bientôt jouir, car je sens qu’il a de plus en plus de mal à s’exprimer. Ce sont des sons que j’entends, des sons terriblement excitants en l’occurrence. Alors, je le supplie de me défoncer, sans ménagement. Je le sens réagir au quart de tour. Je continue de me caresser car j’aimerais essayer de jouir en même temps que lui. Je l’entends crier et je sais que c’est le moment. Je me laisse porter par sa voix, ses gémissements et je jouis avec lui. 

Un petit moment de silence que je brise avec un : « Tu vas bien ? » Il me répond que ça va plus que bien ! J’ajoute, d’une voix amusée, que je n’aime pas les nombres pairs et il me rétorque : « Mais tu es insatiable, ma parole ! Aucun problème et avec grand plaisir même ! » Il me décrit de sa voix grave comment il caresserait ma peau avec une plume et comment il s’occuperait de mes seins. En moins de trois minutes, j’atteins mon troisième orgasme. Chacun d’entre eux furent très puissants.  

Je m’écroule sur mon lit et lui dis de ma voix la plus douce que j’ai adoré ce moment partagé avec lui. Il me dit que c’est réciproque, que c’était vraiment un pur plaisir. Je lui souhaite une bonne soirée et il m’avoue qu’il espère me recroiser bientôt sur le sextel. Je rigole car je n’en sais rien…  

J’enlève mes bas, mets un T-shirt, puis me tourne et m’endors instantanément, un grand sourire aux lèvres.   

*À ne pas faire chez vous.  

Un commentaire sur “Acte III : Tout ce qui brille n’est pas de l’or.

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  1. Quel bonheur…
    Quel bonheur Lady que de vous lire de nouveau.
    J’ai tant attendu cette suite, tant espéré retrouver votre plume.
    J’avais l’impression de vous entendre.. d’être cet Aurélien.
    Quel jeu sensuel, fort, délicieux…
    Vos mots m’ont manqué mais l’émoi provoqué valait sans doute l’attente…
    Merci Lady, j’ai hâte de rêver la suite

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par Anders Noren.

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